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ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF

 

 

 

 

Journée « Accompagnement Educatif » – UGSEL LE 6 JUIN 2008

 

 

Intervention de M. Claude BERRUER

 

 

Adjoint du Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique

Responsable du département Education

« En dehors des considérations institutionnelles qui viennent d’être

rappelées, l’UGSEL, par son histoire et les compétences développées, nous

semble particulièrement bien outillée pour aider l’Enseignement catholique à

réfléchir les dispositifs d’accompagnement éducatif.

Le département éducation, dans la nouvelle organisation du SGEC,

réunit plusieurs missions, mais n’a pas développé une mission spécifique

« éducation » parce que, bien sûr, cette dimension est transversale à

l’ensemble des missions, mais aussi parce que l’UGSEL a toujours été

présent à cette dimension et nous aide à la porter dans la mission

enseignement et pédagogie.

Les enjeux de l’accompagnement éducatif me semblent, en effet,

rejoindre par beaucoup d’aspects, ce qui se vit dans le cadre de l’Education

Physique et Sportive et dans le cadre des activités sportives.

- D’abord, il s’agit d’accompagnement. Il ne s’agit pas de temps où

transmettre des connaissances de façon magistrale, où faire faire

des exercices, mais de temps où il faut accompagner la pratique

d’une activité en « grandeur réelle ». C’est bien l’une des spécificités

fortes de l’EPS, où vous vous développez, depuis toujours, une

pédagogie de l’accompagnement.

- Il s’agit ensuite d’aider les élèves, souvent par une pédagogie du

détour, d’apprendre autrement ce qu’ils peuvent aborder dans les

disciplines ou de découvrir chez eux des compétences qu’ils ne

soupçonnaient pas. C’est déjà ce qui se vit souvent à l’occasion des

cours d’EPS ou des temps d’animation sportive, où vous portez

souvent un regard différent sur les élèves. J’en ai souvent été

témoin, comme chef d’établissement, dans le cadre des conseils de

classe.

- L’accompagnement éducatif, l’expression le dit, est un temps

éducatif. L’un des enjeux de cette réforme est de faire en sorte que

les enfants ou les adolescents ne soient pas livrés, après la classe, à

une maison où la seule « présence » est celle de la télé ou de

l’ordinateur, voire à la rue. Il va donc s’agir, à l’occasion de ces

temps, de contribuer à l’éducation : appropriation de règles pour la

vie en groupe, apprentissage de la collaboration en vue d’une

activité ou d’une production commune, respect de la loi,

acceptation de l’arbitrage d’un adulte…Un ensemble de repères que

les enseignants d’EPS sont bien habitués à structurer lorsqu’il

s’agit de respecter les règles du jeu, d’organiser un jeu collectif,

d’admettre les décisions d’arbitrage…

 

 

- Les temps d’accompagnement éducatif seront aussi des temps de

plus grande mixité que la vie de classe, puisque ces activités

rassembleront des élèves par pôles d’intérêt, et non en raison

d’options scolaires ou des résultats. Or les temps d’EPS ou d’AS

sont des temps, dans l’école, où vous avez déjà à vivre les mixités.

- Les temps d’accompagnement éducatif, enfin, ouvrent l’école sur

des partenariats extérieurs, réalisant l’école sans mur, appelée par

l’une des résolutions des Assises. Or la vie associative que vous

animez ouvre nécessairement sur plus large que l’école. Les

championnats obligent à la rencontre.

Je ne suis pas en train de vous dire que l’accompagnement éducatif

doit être exclusivement assuré par des enseignants d’EPS…Je souligne

simplement que ce à quoi nous vous appelons rejoint l’expertise que vous

déployez habituellement. Il me semble qu’à partir de cette expertise, vous

pouvez aider tous vos collègues du premier et du second degré, et dans

toutes les disciplines, à entrer dans la logique de l’accompagnement éducatif.

A partir des activités d’animation menées dans les diocèses, à partir

des temps forts nationaux tels que les Relais Marathon ou Terre d’Enjeux,

vous avez montré la capacité de l’UGSEL à entraîner la communauté

éducative dans son ensemble, autour de thèmes qui sortent de votre

discipline d’origine. C’est cette capacité d’entraînement et de créativité que

nous sollicitons.

Enfin, l’UGSEL, en raison de sa longue histoire au sein de

l’Enseignement catholique a toujours été en première ligne pour promouvoir

les valeurs que nous partageons. L’accompagnement éducatif va amener nos

établissements à s’ouvrir sur des partenaires extérieurs. C’est une bonne

chose.

Mais il peut aussi y avoir des risques : choisir telle activité

prestigieuse, en vue d’un effet « vitrine » mais sans se préoccuper des enjeux

éducatifs et de la cohérence avec nos références fondatrices ; accepter l’offre

d’un partenaire extérieur, sans suffisamment vérifier les fondements de la

démarche éducative proposée…

Dans les partenariats possibles, il faut bien entendu travailler sans

ostracisme, mais néanmoins penser à faire appel aussi à des mouvements

d’Eglise reconnus pour leur expertise : mouvements éducatifs, par exemple,

mouvements d’Eglise au service de la charité. Je pense, sans ordre, à ce que

développe l’ACE dans la pédagogie du jeu, comme les mouvements de

scoutisme ; je pense à l’opération de l’ACE « reporters du bonheur » ; je

pense à ce que travaillent la JOC, le scoutisme d’Europe ou l’ACE en matière

d’évaluation pour aider les jeunes à valoriser sur leurs CV ou en vue

d’entretien d’embauches, les compétences acquises en matière d’animation

et d’engagement ; je pense aux réflexions du MRJC sur le développement

durable…

 

 

Dans le discernement pour le choix des projets, l’UGSEL aura aussi à

exercer, auprès des responsables institutionnels, cette vigilance sur les

partenaires retenus. C’est bien là aussi la responsabilité d’un organisme

national.

L’accompagnement éducatif, enfin, est un levier important de la

réforme du système éducatif. L’Enseignement catholique ne peut se

contenter d’y voir une « activité occupationnelle » pour l’après seize heures.

Si le projet de nos établissements est bien un projet éducatif,

l’accompagnement éducatif n’est pas une activité périphérique ou satellitaire

mais doit rejoindre le coeur de la démarche éducative d’un établissement.

Nous rejoignons le cadre des résolutions des Assises :

- Une école de toutes les intelligences, puisqu’il s’agit bien de

proposer des activités diversifiées qui forment l’esprit, le corps, la

sensibilité, l’imagination…l’accompagnement éducatif par les

détours qu’il peut proposer peut grandement aider à l’aide à

apporter aux élèves à besoins éducatifs particuliers.

- Une école des ruptures et des seuils, puisque par des activités

diversifiées, on peut conduire l’élève au seuil d’une découverte de

lui-même, on peut conduire l’élève à se dépasser dans une

compétence qu’il pouvait ignorer.

- Une école sans classe, puisque l’accompagnement éducatif peut

mettre en lien des élèves de classes, de niveaux de classes divers.

- Une école sans mur, nous l’avons dit, grâce aux partenariats à

monter.

- Une école pour toute la vie, dans la mesure où l’accompagnement

éducatif peut être l’occasion de découvrir une activité que l’élève

pourra continuer de pratiquer au-delà de l’école.

- Une école qui risque la communauté puisque l’accompagnement

éducatif n’aura de sens que si ce qui s’y vit est constamment

articulé avec tout ce qui se propose au sein de l’école. Il faut

travailler avec l’ensemble des enseignants, pour « croiser les

regards » sur l’élève. Il faut travailler avec les parents pour qu’ils

incitent les enfants et les jeunes à rejoindre les temps

d’accompagnement éducatif. Beaucoup d’activités peuvent aussi

mener à des manifestations qui réuniront l’ensemble de la

communauté.

- Des temps éducatifs enfin, au service de la personne fragile,

puisque certaines activités éducatives redonneront confiance à tel

ou tel élève ; au service, donc, de la personne en devenir ; au

service de la personne en lien puisque ces temps seront des temps

de vie de groupe et de vie d’équipe.

 

 

- Nous proposons comme fil rouge, pour l’année qui vient, « choisir la

rencontre ». Il n’est pas utile de développer pour imaginer toutes les

occasions de rencontres ouvertes par l’accompagnement éducatif.

J’ai déjà été témoin, dans tel ou tel diocèse, de la présentation des

documents qui vont vous être présentés maintenant. Je peux vous assurer

que l’accueil a été très favorable.

Votre contribution a été perçue comme une aide très précieuse par les

chefs d’établissement, affrontés à tant d’urgences. Sans doute l’accueil

pourra-t-il être inégal selon les lieux, en fonction de l’implantation de

l’UGSEL.

Mais je suis persuadé que, progressivement, l’accompagnement

éducatif est un extraordinaire levier pour faire reconnaître partout la place

de l’UGSEL comme organisme national, expert dans les enjeux éducatifs de

notre projet.

M. Claude BERRUER

 

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